La balance des blancs est un réglage essentiel, intégré dans tous les appareils numériques. Il neutralise les dominantes de couleur indésirables. Il est ajustable à la prise de vue et en postproduction.

Faites l’expérience suivante. Réglez votre appareil photo sur la balance des blancs automatique. Observez le résultat sur l’écran de l’appareil. Le plus souvent, dans des conditions de lumière naturelle, vous constaterez une bonne correspondance entre les couleurs affichées et celles de la scène que vous observez à l’œil nu. Parfois, la différence est plus ou moins tolérable, particulièrement pour les photos en éclairage artificiel.
Balances de l’œil et l’appareil photo
Contrairement à un appareil photo, notre vision humaine neutralise en permanence toute dominante de couleur, de façon qu’un blanc soit perçu comme un blanc, indépendamment de la lumière qui l’éclaire.
Ce phénomène vaut surtout pour la lumière naturelle. Dans des univers spécifiques comme la lumière rouge d’un labo argentique ou en présence d’éclairage à spectre étroit, comme les LEDs colorés, les objets apparaissent avec la teinte de la source lumineuse.
Quoi qu’il en soit, un appareil photo n’offre pas encore la capacité d’adaptation et de neutralisation des dominantes par la vision humaine, fruit de millions d’années d’évolution. Les algorithmes de balance des blancs ont encore du travail devant eux.


Lumière du jour
Les films couleurs ou la pellicule de cinéma simplifient la donne : ils sont équilibrés pour une lumière du jour à 5500 K ou pour une lumière tungstène à 3200 K. Quand la température de couleur s’écarte de ces valeurs, une dominante apparaît. Les appareils numériques ont plus de souplesse. Par exemple, le menu d’un Nikon D850 comporte 16 préréglages, dont 4 automatiques, un tungstène, un flash, 3 lumières du jour, 7 variations pour les tubes fluorescents, etc. ainsi qu’un réglage sur mesure.

Automatique ou fixe
Les préréglages de balance des blancs sont utiles pour obtenir des couleurs justes, sans dominantes désagréables, particulièrement quand on enregistre les images en Jpeg, dont les capacités de rattrapage des dominantes sont restreintes en postproduction. Mais cela demande de la discipline et de l’anticipation, à chaque fois que la température de couleur varie de façon significative. Si la fonction automatique est très souvent performante, un photographe ayant la culture du Kodachrome et du film inversible pourra sélectionner le préréglage de lumière ensoleillé pour les prises de vues en extérieur qui est fixé à 5500 K.


En studio, la charte de référence
En studio, le préréglage flash correspond à la température de couleur des flashes qui est similaire à celui de la lumière du jour (5500 K). Une charte (comme le ColorChecker de Calibrite ou de X-Rite, ou le Spyder Checkr de Datacolor) aide à déterminer une balance des blancs personnalisée dès la prise de vue. En postproduction, elle offre une fonction similaire. Une charte est particulièrement utile quand le sujet ne comporte pas de valeur neutre qui puisse servir à neutraliser les dominantes. Il est primordial d’enregistrer les fichiers au format Raw pour obtenir une fidélité des couleurs optimales en postproduction.

Postproduction
Tous les logiciels de traitement des Raw possèdent eux aussi des préréglages de balance des blancs. Ils sont souvent négligés au profit d’une balance personnalisée effectuée à la pipette. Ils apportent souvent un traitement satisfaisant, quand on est insatisfait de la balance initiale ou quand on ne sait trop quelle zone de référence utiliser pour effectuer la balance avec la pipette. Par exemple, sur un portrait, quel blanc sélectionner pour neutraliser une dominante en l’absence d’une charte de référence ? Le blanc de l’oeil ? Ce choix n’est pas toujours pertinent. Si la pipette ne vous donne pas satisfaction, ni le préréglage, vous devrez effectuer un ajustement manuel sur l’axe de température de couleur bleu-jaune et sur l’axe de teinte magenta-vert.


Fidélité des couleurs et dominante volontaire
Votre écran doit être calibré pour que la balance des blancs soit adéquate et corresponde réellement à ce que vous voyez. Dans le logiciel de postproduction, démarrez avec le préréglage qui est le plus proche de ce que vous souhaitez obtenir, puis commencez par modifier le curseur de température (les flèches du clavier modifient la TC par palier de 50 K). Puis passez à la teinte pour neutraliser la dominante magenta ou verte. Enfin, n’oubliez pas que la balance des blancs est aussi un choix personnel et qu’une légère dominante ajoute souvent du caractère à l’image.

Si le premier offre un réglage par progression d’une unité, les modifications, même légères, sont plus visibles par paliers de 10 à 50 K.
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Texte et photos : Philippe Bachelier, professeur de Techniques d’impression à Spéos