Numériser des plaques de verre

Vous avez trouvé des négatifs sur plaques de verre ? Employées jusqu’aux années 1920, voici quelques conseils de numérisation avec un appareil photo ou un scanner.

Les négatifs sur verre apparaissent avec le procédé collodion humide en 1851. Le photographe doit lui-même préparer ses plaques avant la prise de vue. À partir des années 1880, cette technique est supplantée par les plaques sèches au gélatino-bromure d’argent. Elles sont fabriquées industriellement par Agfa, Eastman, Gevaert, Ilford, Lumière, etc. dans une grande variété de formats, du 4,5 x 6 cm au 50 x 60 cm (liste non exhaustive). En France, les formats les plus couramment trouvés dans les greniers et chez les brocanteurs sont les 6,5 x 9, 9 x 12 et 13 x 18 cm. Elles sont à leur tour éclipsées par le film dans les années 1930.

Fragile mais plane

Les négatifs sur verre sont fragiles, comme en témoigne cette fameuse vue de Paris prise en 1929 par André Kertesz. Mais contrairement au film, les plaques facilitent la numérisation puisque le négatif reste plan et rigide. Deux approches conviennent : avec un appareil numérique ou un scanner. Pour l’appareil numérique, un objectif macro est indispensable. Une focale normale équipée d’une bague-allonge n’offre pas le même piqué. L’idéal est de disposer d’un statif de reproduction pour optimiser le parallélisme entre le capteur et le négatif. L’appareil monté sur une colonne facilite le cadrage. À défaut, un trépied calé au bord d’un plan de travail convient.

Rétroéclairage

Une table lumineuse à LED est idéale pour rétroéclairer le négatif. Une température de couleur entre 6500 et 5000 K convient. L’uniformité de la répartition de la lumière est primordial. Les Kaiser Slimlite Plano ou Dörr Light Tablet Ultra Slim sont des références. Les tables lumineuses étant plus grandes que les plaques, les zones extérieures au négatif peuvent provoquer du flare. Il est réduit en plaçant une fenêtre découpée à la dimension de la plaque dans du matériau noir, papier, carton ou plastique. Le côté émulsion de la plaque, plus mat que le côté support, est dirigé vers l’appareil pour éviter des réflexions parasites sur l’image. En travaillant dans une pièce sombre ou en plaçant un carton noir percé au diamètre de l’objectif, autour de l’objectif, ces lumières parasites sont contenues.

Appareil photo et format Raw

L’appareil étant placé en position stable, l’enregistrement en format Raw à la sensibilité ISO la plus basse du boîtier offre plus de souplesse en postproduction qu’un Jpeg. L’objectif est diaphragmé à sa meilleure ouverture pour exploiter sa résolution optimale, le plus souvent autour de f/8 avec un objectif macro et un appareil à capteur plein format. Un déclenchement à distance est recommandé pour éviter les vibrations. Le mode connecté de Capture One, Lightroom, etc. accélère le flux de production quand on numérise un grand nombre de plaques. Et c’est la circonstance idéale pour pour organiser et classer vos archives argentiques.

Scanner et format Raw

La mise en place d’un statif de reproduction peut rebuter si l’on a des problèmes de place, pas d’objectif macro, etc. Le scanner est donc l’alternative, à condition que la surface de numérisation soit compatible avec celle des plaques. Un Epson Perfection V600 Photo est limité à des transparents de 6 cm de large. On peut scanner en deux fois et fusionner les images en postproduction, mais c’est fastidieux. Un Epson V850 (ou V700, V750, V800) va jusqu’au A4. Signalons qu’Epson a cessé la fabrication des scanners V600 et V850 début 2025. L’alternative, en neuf, est le Microtek ArtixScan F2. Les négatifs sur plaques de verre peuvent atteindre une densité et un contraste élevé. En les numérisant en DNG avec Silverfast SE ou SE Plus, on exploite au mieux la dynamique du scanner.

Inversion dans Lightroom

Quand on utilise un appareil photo pour numériser un négatif, l’image est inversée du point de vue des valeurs tonale. Avec un scanner utilisant Silverfast et le format Raw DNG, l’image est aussi enregistrée sous la forme d’un négatif. Il faut donc inverser l’image. Mais avant cette étape, nous conseillons de développer l’image en noir et blanc, afin de supprimer toute dominante de couleur due à une dominante dans la source de lumière. Dans Lightroom, la solution la plus simple est d’utiliser la courbe dans le module de développement en remontant le point noir tout en haut du cadre et en baissant celui du blanc. On procède ainsi pour chaque canal RVB. Le canal principal (indiqué par un disque gris) conserve sa forme initiale. On pourra l’ajuster afin de modifier la luminosité et le contraste de l’image.

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Texte et photos : Philippe Bachelier, professeur de Techniques d’impression à Spéos