Classer ses films argentiques avec Lightroom

Le développement des films en laboratoire est proposé avec des numérisations. Lightroom peut classer les scans. Le plugin NegativeLabPro propose des champs de métadonnées spécifiques à l’argentique.

Le regain de la photographie argentique s’accompagne d’une question cruciale : comment classer les films qui s’accumulent dans les boîtes d’archives ? À l’heure du numérique, nous avons tous les outils pour classer, indexer et retrouver nos images, qu’elles restent sur nos disques durs, qu’elles circulent par mail, Internet ou sur les réseaux sociaux.

Les fichiers numériques issus de nos APN possèdent des métadonnées EXIF et IPTC très utiles pour faciliter leur classement : type de boîtier, objectif, paramètres d’exposition, etc. Un logiciel comme Lightroom permet donc de retrouver les images avec de multiples critères. Au-delà des métadonnées EXIF propres à chaque prise de vue, des mots-clés personnalisés renseignent chaque image. Avec les scans des films, il faut créer de toutes pièces ces métadonnées. La gestion et la recherche d’images argentiques dans un catalogue Lightroom sont plus pratiques que de feuilleter des pellicules et des planches-contacts dans un classeur. Mais la création ex nihilo de métadonnées spécifiques à l’argentique est fastidieuse

NegativeLabPro

Le plug-in de Lightroom NegativeLabPro (www.negativelabpro.com) propose des champs spécifiques à l’argentique. Il contient des informations sur la prise de vue, le traitement des films et le mode de numérisation. L’utilisation d’une version d’essai du plug-in intègre définitivement ces champs. Il n’est pas nécessaire d’avoir un numéro de série pour qu’elles restent actives dans le catalogue.

Métadonnées des films

La liste des métadonnées proposée par NegativeLabPro est riche. Les champs pour la prise de vue comprennent la marque du boîtier, le modèle, l’objectif, le film, la sensibilité ISO, les réglages (diaphragme, vitesse), la longueur focale en cas de l’emploi d’un zoom, etc. Ces champs sont complétés par des « Gear Notes » pour ajouter des remarques supplémentaires sur le matériel utilisé. Une autre section, “Shooting notes”, concerne les informations relatives à la prise de vue.

Les champs relatifs aux méthodes de numérisation indiquent si les scans ont été réalisés par un labo externe, avec un scanner personnel ou un appareil photo. Pour ce dernier, on peut mentionner le type de source de lumière employée, le type de porte-négatif et des mentions complémentaires.

Les informations de développement du film intègrent tout ce dont on a besoin : révélateur, dilution, temps et température de développement, ainsi qu’un champ de notes.

Numérotation avec un scanner

Il manque deux champs spécifiques pour que le panorama des métadonnées soit complet : le numéro du film et le numéro de la vue, tels qu’ils apparaissent dans nos archives, sur les pochettes des films. Une première possibilité est de renommer le nom du fichier avec le nom du film. Nous proposons F-Format-AAAA-numéro de film-numéro de vue. F correspond au film, Format est le format du film, AAAA est l’année de production, suivis des numéros du film et de la vue. Nous aurons F-135-1988-51-23 pour un film de format 135 de l’année 1988, film numéro 51, 23 étant le numéro de la vue. Si l’on photographie parallèlement l’ensemble du film, à l’instar d’une planche contact, nous aurons F-135-1988-51-PC. Avec du film 120, utilisez le code 120 ; 45 pour du plan-film 4×5, etc.

Numérotation avec un appareil photo en tant que scanner

Quand on scanne avec un appareil numérique, nous recommandons de conserver le renommage des prises de vue effectuées avec l’appareil. La forme AAMMJJ0001 est la plus courante. On pourrait ajouter le nom d’un film entier ou celui d’une vue. On aurait, par exemple, 2503140016-F-135-1988-51-23 pour la numérisation du 14 mars 2025 du film de format 135 de l’année 1988, film numéro 51, 23 étant le numéro de la vue. Mais cet ajout peut être fastidieux s’il est ajouté manuellement, et il peut générer des erreurs de saisie. Nous recommandons d’intégrer le numéro du film dans le champ Titre, situé tout en bas des métadonnées de NegativeLabPro ou dans les champs par défaut proposés par Lightroom. Libre à vous de renommer vos fichiers en lots, en ajoutant automatiquement le titre au nom du fichier.

Quand les films n’ont pas de numéro

Quelques films 120, ainsi que les plans-films, ne comportent pas d’inscription de numérotation. À la manière de Robert Doisneau ou d’Irving Penn en leur temps, vous pouvez inscrire des numéros en bordure de négatif, sur la partie transparente du film. Les feutres d’encre permanente à pigment noir, sans acide et à pH neutre, de type Faber-Castell Pitt ou Sakura Pigma Micron (ils existent en pointe de 0,1 mm à 0,5 mm) sont parfaits pour écrire sur du film ou du papier.

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Texte et photos : Philippe Bachelier, professeur de Techniques d’impression à Spéos