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Perspective, correction en deux temps

Les objectifs font converger les lignes en contre-plongée. Les corrections logicielles les corrigent, mais recadrent fortement. Ce problème est contournable en deux prises de vues.

La correction logicielle des verticales d’une vue en contre-plongée oblige de recadrer fortement l’image. En mélangeant deux vues, l’une prise de façon parallèle aux lignes verticales, l’autre en contre-plongée, la correction de perspective par un logiciel permet de conserver le cadrage initial.

À défaut d’un objectif à décentrement

Pour les amateurs d’angles larges et d’architecture, à défaut d’un objectif à décentrement, la tentation est grande de corriger les lignes convergentes en postproduction. DXO ViewPoint, PhotoLab, Lightroom ou Photoshop, etc. s’avèrent efficaces. Mais après redressement, l’image est recadrée avec une perte de pixels et l’angle de champ rétrécit. La rectification des lignes dilue les détails. Mais on peut atténuer ces problèmes en procédant en deux étapes de prises de vue. Le trépied s’impose.

Deux prises de vues

La première vue est réalisée avec l’appareil parallèle au sujet. Les lignes ne convergent pas. Une deuxième vue est faite à la même focale en pivotant le boîtier jusqu’à ce qu’il cadre la partie supérieure du sujet. On pourrait utiliser une focale plus longue à condition que le cadrage intègre tous les éléments de l’image, en largeur comme en hauteur. Une rotation de l’objectif sur son point nodal serait idéale, mais Photoshop s’accommode de son absence.

Partir de la vue parallèle

L’image d’aplomb va servir de base. Dans Photoshop, on la complètera avec la partie manquante provenant de l’image en contre-plongée grâce à Photomerge ou un alignement automatique des calques. L’image d’aplomb ne pose pas de problème de traitement particulier en dehors de la correction des aberrations géométriques et de l’homogénéisation des deux vues en termes de densité, de contraste et de couleur.

Super résolution

L’image en contre-plongée subit un redressement des perspectives. Mais auparavant, afin d’optimiser la conservation des détails de l’image finale, nous profitons de la super-résolution de Lightroom. Un clic droit sur le fichier donne accès à Accentuation>Super-résolution. La taille de l’image est doublée en conservant un maximum de détails de l’original. Cette interpolation est utile, car le redressement logiciel de la perspective altère la taille de l’image.

1/ Super-résolution
La correction de perspective des lignes fuyantes de l’image en contre-plongée réduit la taille de la zone exploitable de l’image. Lightroom propose un mode de super-résolution (Photo > Accentuer…) qui double avec succès la définition de l’image. On ne perdra pas de détails pour la suite du traitement.

Correction de la perspective

La deuxième étape corrige la perspective dans Lightroom (DXO ou Photoshop, etc.), de façon automatique ; ou manuelle avec des repères. Ensuite, l’image est recadrée en ne conservant que la moitié supérieure de l’image pour optimiser les raccords avec l’image de base. Puis on rééchantillonne l’image redressée à la même largeur que l’image de base (dans Photoshop, Image>Taille de l’image).

2/ Correction perspective
Vérifiez d’abord que l’ajustement des aberrations géométriques délivre des lignes bien droites. En alternative à Lightroom, les profils d’objectifs DXO sont efficaces. Le redressement est ensuite effectué en mode automatique ou avec des repères pour contrôler le parallélisme.
3/ Recadrage
Pour éviter les mauvais raccords avec le bas de l’image dans l’assemblage final, on recadre. Dans la largeur, la coupe s’aligne sur l’image de base ; en hauteur, on conserve la moitié. Puis on passe à Photoshop. La taille (en pixels) de l’image est alors ajustée à celle de l’image de base.

Photomerge

Photoshop va assurer l’assemblage des deux images. Deux options fonctionnent bien. La première consiste à les empiler dans Photomerge (Fichier>Automatisation>Photomerge) en mode automatique. Le raccord est ainsi parfait, mais l’image risque d’être rognée sur les côtés. L’autre option, qui ne rogne pas l’assemblage, consiste à dupliquer l’image de base en calque. On colle ensuite l’image redressée au-dessus de la copie de l’image de base. Puis on aligne les deux calques (Edition>Alignement automatique des calques) en mode automatique. Le raccord peut nécessiter l’adjonction d’un masque de fusion sur les calques et de masquer au pinceau les parties présentant des ruptures gênantes. La qualité d’image obtenue avec ce mode de redressement de la perspective n’a pas à rougir de la comparaison avec un objectif à décentrement.

4/ Copie de l’arrière-plan
L’arrière-plan de l’image de base est dupliqué (Cmd + J en Mac, Ctrl + J en PC) afin de créer un calque identique à l’arrière-plan. Il est nécessaire pour l’alignement futur avec la l’image redressée et recadrée que l’on va coller au-dessus.
5/ Taille de la zone de travail
L’arrière-plan doit être étendu en hauteur, vers le haut, d’au moins 150 %, pour effectuer le collage de l’image en contre-plongée redressée (Image > Taille de la zone de travail).
6/ Coller le haut
Le haut de l’image est ajouté au calque supérieur par un copier-coller ou un glisser-déposer. Le cas échéant, on pourra ajuster la taille du calque (Edition > Transformation manuelle) pour mieux se rapprocher de celle de l’image de base. Puis on sélectionne les deux calques.
7/ Alignement des calques
Les calques sont alignés (Édition > Alignement automatique des calques) en mode automatique. Si l’on constate des raccords imparfaits, l’adjonction de masques de fusion sur les calques permet d’affiner les transitions en masquant au pinceau les zones perfectibles. Puis on recadre l’image aux dimensions désirées.

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Texte et photos : Philippe Bachelier, professeur de Techniques d’impression à Spéos

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