Les retouches effectuées dans Photoshop, contrairement à Lightroom, peuvent être destructives. Pour éviter une dégradation de l’image, par exemple des cassures de tons, les calques s’imposent.


Photoshop possède des fonctions de retouche incomparables. Les possibilités de modification, globales ou locales, sont presque infinies. Les dernières versions décuplent les capacités du logiciel grâce à l’intégration de l’IA. Ces performances méritent quelques précautions.
Les formats d’images traités par Photoshop sont de type matriciel, également appelés bitmap.
En photographie, on utilise le plus couramment les JPEG (.jpg), TIFF (.tif) et Photoshop (.psd). Un fichier Raw peut être ouvert avec Photoshop. Mais il doit passer d’abord par Camera Raw, lequel proposera de convertir l’image en format JPEG, TIFF ou PSD pour être travaillée dans Photoshop.
Contrairement aux fichiers Raw, toute modification d’une image matricielle est irréversible et peut entraîner des effets indésirables, comme des cassures de ton (banding), des halos, etc., notamment lorsqu’on effectue de nombreuses modifications. Rappelons que la profondeur d’échantillonnage de 16 bits préserve mieux les nuances d’une image retouchée. Vérifiez dès l’ouverture de votre fichier s’il est en 8 bits ou en 16 bits dans Image > Mode.

Arrière-plan et calque
Pour limiter ces effets indésirables, les retouches sont réalisées sur des calques empilés au-dessus de l’image initiale, laquelle est dénommée arrière-plan dans Photoshop. Les calques sont des couches de modifications qui se superposent à l’arrière-plan.
La version française de Photoshop traduit le mot anglais layer employé dans la version originale du logiciel par calque. C’est un peu perturbant, car layer se traduit habituellement par couche.
La version française utilise le mot couche pour traduire le vocable channel de la version anglaise, lequel définit les couches RVB d’une image.

Un calque distinct et vide est créé au-dessus de l’arrière-plan en cliquant sur l’icône de calque de la fenêtre de calques, ou par un raccourci Cmd+Maj+N (Mac) ou Ctrl+Maj+N (PC). Toutes les modifications de l’image auront lieu dans ce calque, sans altérer l’arrière-plan.
Calque ou historique ?
La retouche peut se pratiquer directement dans l’image de base, qui est l’arrière-plan. Mais c’est une opération destructive. Les repentirs ne se corrigent qu’en revenant dans l’historique. Et l’historique disparaît quand l’image est enregistrée puis fermée. Mieux vaut créer un calque vide distinct au-dessus de l’arrière-plan (Calque > Nouveau > Calque ou Ctrl+Maj+N sur PC, Cmd+Maj+N sur Mac).
Ce calque peut contenir toutes sortes d’ajustements qui vont modifier l’apparence de l’arrière-plan sans altérer celui-ci. Certains photographes dupliquent l’arrière-plan pour effectuer les retouches, mais c’est un procédé bien moins souple quand on souhaite revenir sur la genèse des retouches.

Le calque est renommé avec le mot Retouche pour l’identifier clairement. On double-clique sur son nom pour le modifier. On évite ainsi toute confusion sur sa nature si l’on revient ultérieurement sur le fichier. On pourra ajouter à sa guise d’autres calques de retouche, indépendants les uns des autres.
Outils compatibles avec les calques
Plusieurs outils permettent les retouches non destructrices sur un calque vide : correcteur, correcteur localisé, pièce, supprimer, déplacement basé sur le contenu, pinceau, tampon, goutte d’eau, doigt, netteté. Pour que ces outils soient actifs, il faut sélectionner Echantillonner tous les calques dans la barre d’options de chaque outil.
Les retouches effectuées qui ne conviennent pas peuvent être effacées avec la gomme et recommencées. On peut aussi les atténuer en associant un masque au calque (Calque > Masque de fusion > Tout faire apparaître) et en peignant en gris ou en noir avec l’outil pinceau dans le masque.

De nombreux outils sont utilisables sur un calque distinct : correcteur, correcteur localisé, pièce, supprimer, déplacement basé sur le contenu, pinceau, tampon, goutte d’eau, doigt, netteté.

Dans la barre des options de l’outil, l’arrière-plan est pris en compte avec « Échantillonner tous les calques ». Quand l’option “Déposer après chaque trait” est décochée, la sélection des zones à supprimer peut s’effectuer de façon progressive. Puis il suffit de valider ou de réinitialiser.

Dans la barre des options de l’outil, l’option “Créer un nouveau calque” génère automatiquement un nouveau calque spécifique à l’outil de suppression. Nommé par défaut “Supprimer les modifications de l’outil”, il indique qu’on peut effacer le contenu du calque pour revenir à l’image initiale.

Dans la barre des options de l’outil de tampon, « Tous les calques » ou « Actif et inférieurs » est coché afin de prendre en compte le contenu de l’arrière-plan.
Calques et formats d’images compatibles
Quand les retouches sont terminées, le fichier peut être enregistré avec son calque. Dans ce cas, les formats Tiff et Photoshop sont requis, puisque le Jpeg ne peut contenir de calques. Le calque peut aussi être aplati (Calque > Aplatir l’image). L’aplatissement modifie la structure de l’image d’arrière-plan initiale. Il a donc un effet destructeur sur ce dernier. Mais il équivaut, de fait, à une seule étape d’altération, même si le calque a subi de nombreuses transformations.
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Texte et photos : Philippe Bachelier, professeur de Techniques d’impression à Spéos