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Sabine Guédamour, “Consolation”

Sabine Guédamour présente Consolation à la Galerie Spéos – 7 rue Jules Vallès, 75011 Paris.
Exposition du 6 octobre au 7 novembre 2014.

Dans le massif du Jura, le Val de Consolation creuse un paysage de pierres et d’eau, d’arbres et de lumière. Au hasard d’une rencontre et menée par une envie de fugue, Sabine Guédamour le découvre en 2010, encombrée de son  matériel photographique et de son trépied. Seule la marche permet d’y accéder et le paysage s’offre en récompense de l’effort, un lieu magique à l’écart du monde.

Après une prise de vue en argentique à la chambre, elle choisit le procédé ancien du tirage palladium  où l’alchimie de la photographie opère, par la lumière et les sels métalliques, comme on l’a inventée  il y a plus de 150 ans. Procédé extrêmement stable dans le temps, le palladium  permet d’obtenir des tirages  identiques en taille au négatif,  aux nuances de gris infinies et profondes, ancrées dans la  matière même du papier.  Au moment de la prise de vue, dans le calme et la nature, succèdent alors de longues heures de tirage en laboratoire, dans une salle de bain de la banlieue parisienne. Grand  écart géographique, changement radical d’atmosphère mais continuité dans l’émotion et la précision.

Les photographies de Consolation révèlent l’apaisement d’un paysage où le temps géologique se mèle au rythme des saisons.  On n’y entend plus la cascade, ni le chant des oiseaux, mais on voit l’eau  qui creuse infiniment la roche et la pousse des bourgeons.  Un paradis perdu que Sabine Guédamour transforme en monochrome offert à la contemplation.  Photographier comme une résilience, un  souvenir contre la disparition.

Texte de Florence Pillet, Septembre 2014

Sabine Guedamour est une photographe indépendante basée à Paris.  Pendant plus de 15 ans, elle a vécu aux États-Unis où elle a créé en collaboration avec deux photographes américaines la Tilt Gallery, à Phoenix, Arizona, une galerie consacrée aux procédés photographiques alternatifs et historiques.
En 2008 elle rentre en France et  décide d’étudier la photographie à Spéos. Tout en continuant ses activités avec Tilt Gallery et le développement de ses projets photographiques, elle travaille actuellement pour la Galerie Esther Woerdehoff.

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