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Photoshop : corrections chromatiques avant impression

Entre une image à l’écran et sa version imprimée, les différences chromatiques sont courantes, même si elles sont le plus souvent légères. Voici comment les réduire avec Photoshop.

Rouge néon
Restituer l’éclat du rouge des néons sur un tirage est un vrai casse-tête : on bascule vite dans le hors gamut. Il est impossible d’imprimer un tel rouge. Reste à trouver un compromis qui ne sacrifie pas l’atmosphère de l’image.

Une image, deux versions

Dans Photoshop, quand on veut comparer deux traitements différents sur une même image, nous recommandons de disposer côte à côte l’original et une copie.

On sélectionne Image>Dupliquer pour créer une copie de l’original.
Puis on place la copie à côté de l’original par Fenêtre>Réorganiser>2 vignettes verticales.

Simuler l’impression

Cette comparaison est très utile pour visualiser un tirage à l’écran. Cette visualisation, appelée “épreuvage écran” nécessite l’emploi d’un profil d’impression, souvent nommé profil ICC, en raison de son extension de fichier .icc (pour International Color Consortium). Un jeu de profils est automatiquement intégré dans le système d’exploitation de l’ordinateur lors de l’installation du pilote d’une imprimante. Ils concernent les papiers de la marque de la machine. Si l’on télécharge un profil ICC d’un fabricant de papier tiers (Canson-Infinity, Hahnemühle, etc.) ou d’un labo en ligne comme Pictoonline, il faut l’installer dans le dossier Windows\system32\spool\drivers\color pour un PC ou Utilisateur/Bibliothèque/ColorSync/Profiles pour un Mac.

La copie passe en mode d’épreuvage avec Affichage>Format d’épreuve>Personnalisé… et le profil souhaité. Ici, un profil pour l’imprimante Epson SC-P800 et le papier Epson Premium Luster.

Pourquoi l’apparence de l’image change

De même, il faut cocher “Simuler la teinte du papier” qui sélectionne automatiquement la simulation de l’encre noire. Cette opération fonce l’image : le blanc du papier est toujours moins blanc que celui d’un écran. Un léger voile gris apparaît : le noir de l’encre est moins profond que celui de l’écran. Quand l’image possède des couleurs non imprimables, elles sont traduites par les couleurs les plus proches disponibles dans l’espace d’impression, au prix d’une moindre différenciation des tons et d’une moindre saturation. Le mode de rendu de perception préserve une certaine différenciation, tout en modifiant légèrement l’apparence des couleurs. Le mode relatif n’est pertinent qu’en l’absence de couleurs non imprimables. La compensation du point noir doit être cochée pour le mode relatif, afin de conserver une bonne différenciation des tons sombres. Il est facultatif avec le mode perception.

Gamut

Si l’on constate des couleurs non imprimables, le mode de rendu “Perception” s’impose. Par défaut, les couleurs hors gamut s’affichent en gris.

En fonction de l’imprimante et du papier, l’espace de couleur, qu’on dénomme aussi gamut, varie. Avec une même imprimante, un papier mat délivre un gamut plus petit qu’un papier brillant. Les risques de couleurs non imprimables augmentent. Un profil indique si la combinaison imprimante/papier permet d’exploiter toutes les couleurs d’une image. Sans avertissement de couleur non imprimable, tout va bien. Les problèmes commencent avec leur apparition. Dès lors, une correction chromatique dans Photoshop s’impose.

Calques de réglages

Pour retrouver une dynamique comparable à celle de l’image originale, la copie en mode d’épreuvage doit être ajustée. Deux types de calques de réglages sont incontournables pour les corrections à apporter : courbes et teinte-saturation.
On éclaircit et on contraste un peu l’image grâce à une courbe. La partie supérieure droite de l’image est assombrie pour conserver une densité, une teinte et une saturation satisfaisante, à l’aide d’un réglage de courbes dont l’effet n’agit que localement grâce à un masque.

Si l’image prend une légère dominante, comme ici où elle est un peu refroidie en raison de la base un peu froide du papier Epson Luster, l’une des couches est modifiée pour contrecarrer l’effet de dominante. Ici la couche bleue est légèrement baissée et la couche rouge légèrement augmentée.
Les couleurs non imprimables sont non seulement reproduites avec une perte de saturation, elles dérivent aussi légèrement. Un calque de réglages teinte-saturation permet de se rapprocher des couleurs d’origine, parfois de les rendre un peu plus imprimables, en jouant sur leur teinte, leur saturation et leur luminosité.

La teinte des rouges est décalée de +9, sa saturation augmentée de +10 et la luminosité est réduite de -5. Le but de ces corrections est de s’approcher au mieux de l’image d’origine, sachant que la présence de couleurs non imprimables nécessite un compromis. Une fois ce compromis accepté, le fichier ajusté est enregistré pour servir à l’impression.

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Texte et photos : Philippe Bachelier, professeur de Techniques d’impression à Spéos

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