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Photographie HDR : maîtriser la dynamique pour des images éclatantes

© Federico Beccari – Unsplash

Avec la démocratisation de la fonction sur les appareils photo, et même de nos jours sur les téléphones portables, le terme HDR est devenu assez familier en photographie. Mais qu’est-ce que signifie « HDR » en réalité ? HDR est l’acronyme de « High Dynamic Range » en anglais, ou « grande plage dynamique » en français.

D’apparence complexe avec des termes tels que bracketing d’exposition, tone mapping, fusion HDR, mode HDR, formats HDR ou compatibles HDR, la photographie HDR repose sur un principe théorique assez simple. La photographie HDR c’est l’ensemble des procédés qui permettent de dépasser les capacités techniques de l’appareil photo, dans le but de dévoiler une plage dynamique plus étendue et ainsi de se rapprocher davantage de la vision humaine.

Mais qu’est-ce que la plage dynamique d’une photographie ?

La photographie HDR : maîtriser la dynamique pour des images éclatantes

La plage dynamique est l’un des aspects les plus importants de la photographie HDR. Elle fait référence à la gamme de luminosités que l’appareil photo peut enregistrer, allant des détails les plus sombres aux détails les plus clairs. Pour bien comprendre ce principe, il suffit de prendre un exemple concret.

Lorsque l’on voyage, on a généralement la chance de contempler des paysages avec de belles lumières au coucher comme au lever du soleil. La beauté remarquable de ces paysages nous donne envie de sortir nos appareils photo et de s’arrêter pour obtenir des images de ces instants. Pour autant, à la prise de vue les résultats s’avèrent vite décevants.

Ceci est dû au fait que notre œil et le capteur de l’appareil photo n’ont pas la même capacité à percevoir les détails dans les zones claires et les zones sombres d’une même scène. Lorsque l’écart est trop important, le capteur de l’appareil photo numérique n’arrive pas à tout enregistrer. Nos yeux au contraire se concentrent successivement sur une zone claire puis sur une zone sombre en s’adaptant instantanément. Puis notre cerveau mélange les deux images pour nous donner l’impression que l’on voit en même temps aussi bien dans les zones sombres que dans les zones claires.

Cette capacité à distinguer l’écart entre les subtiles variations d’ombres et de lumière est ce qu’on appelle communément la « plage dynamique ». L’œil humain a une plage dynamique plus étendue que celle de l’appareil photo et peut saisir de forts contrastes. À l’œil nu, on peut donc admirer la scène librement, mais en photographie à l’inverse il faut faire un choix. Exposer pour les zones sombres et sacrifier les détails dans les zones claires, ou au contraire exposer pour les zones claires et sacrifier les détails dans les zones sombres. Avec la photographie HDR on va essayer de tout avoir.

Contrairement aux appareils photo traditionnels, qui peuvent avoir du mal à capturer toute la gamme de luminosités dans une seule image, la photographie HDR utilise plusieurs expositions pour combiner les détails des zones sombres et claires. C’est la technique du bracketing d’exposition.

Utilisation du bracketing d’exposition pour une plage dynamique étendue

© David Mercier – Unsplash

Le bracketing d’exposition est une technique couramment utilisée en photographie HDR pour étendre la plage dynamique. Elle est particulièrement utile dans des situations de contraste lumineux élevé où les détails dans les zones d’ombres et de hautes lumières peuvent être perdus.

Cette technique implique de prendre plusieurs photos de la même scène avec des réglages d’exposition différents. Habituellement, cela se fait en prenant une photo sous-exposée, une photo avec une exposition moyenne et enfin une photo surexposée. L’image sous-exposée servira à récupérer les détails dans les zones claires tandis que l’image surexposée permettra de récupérer les détails dans les zones sombres.

Attention : avec cette technique, seule l’exposition doit changer. Pour que le logiciel de post-production d’images puisse faire une fusion HDR sans trop de difficultés, il faut faire en sortes que les images soient toutes identiques.

L’utilisation d’un trépied est donc fortement recommandée pour limiter les flous. Les flous de bouger d’une part, mais aussi les flous de mouvement, les vents qui font bouger les feuilles des arbres par exemple. Ces différentes photos capturées, également appelées “expositions”, vont donc venir couvrir une gamme de luminosités plus large que ce qui est possible avec une seule exposition. Les fichiers RAW des photos sont ensuite combinés lors du post-traitement pour créer une seule image HDR avec une plage dynamique étendue. Finalement, la technique du bracketing d’exposition est basé sur le même principe que ce que nos yeux et notre cerveau font instinctivement. L’appareil photo va remplacer notre œil pour photographier une zone claire puis une zone sombre. Et ensuite l’ordinateur, grâce à l’aide du logiciel de traitement d’image, va remplacer notre cerveau pour mélanger les deux images et parvenir au résultat souhaité : celui vu avec nos yeux.

Techniques avancées de post-traitement HDR

Une fois les différentes expositions capturées, elles sont généralement fusionnées ensemble à l’aide d’un logiciel de traitement d’images tel qu’Adobe Photoshop, Lightroom, Photomatix, ou d’autres outils dédiés au HDR. Le logiciel combine les différentes expositions en utilisant les informations des pixels les plus clairs de la sous-exposition, les pixels les plus sombres de la surexposition et les pixels correctement exposés de l’image de référence pour créer une seule image avec une plage dynamique étendue.

Le résultat final est une image HDR qui présente une plage dynamique étendue et qui conserve les détails dans les zones d’ombres et de hautes lumières, offrant une image plus équilibrée et plus fidèle à la scène telle que perçue par l’œil humain.

Ensuite, des techniques de post-traitement avancées telles que le tonemapping sont utilisées pour ajuster les tonalités et les contrastes afin d’obtenir un résultat final équilibré et réaliste.

Le tonemapping est une étape cruciale du processus de post-traitement HDR. Il permet de compresser la plage dynamique étendue de l’image HDR en une plage dynamique compatible avec les écrans d’affichage standard. Le tonemapping est ainsi utilisé pour ajuster les contrastes, les couleurs et les détails de l’image afin d’obtenir un rendu final réaliste.

© Simon Hurry – Unsplash

Équilibre subtil entre réalisme et créativité dans la photographie HDR

La photographie HDR offre aux photographes la possibilité d’explorer un équilibre subtil entre réalisme et créativité. Tandis que certains photographes préfèrent un rendu HDR plus réaliste qui reproduit fidèlement la scène telle qu’elle est vue par l’œil humain, d’autres optent pour une approche plus artistique en poussant les limites de la plage dynamique pour des effets visuels plus dramatiques.

Pour maintenir un équilibre subtil entre réalisme et créativité, il est important de considérer l’intention artistique de l’image. Certaines scènes peuvent bénéficier d’un rendu HDR plus réaliste pour capturer fidèlement les détails et les nuances, tandis que d’autres peuvent nécessiter une approche plus créative pour créer une atmosphère ou une ambiance particulière.

© Daniele Colucci – Unsplash

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