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La super-résolution – Le tour de force des piles d’images

La super-résolution disponible dans Lightroom et Camera Raw quadruple la définition des fichiers Raw. La technique des piles d’images dans Photoshop améliore leur définition.

Résolution quadruplée

Le procédé de super-résolution par empilement d’une vingtaine d’images permet d’augmenter la définition d’un boîtier, comme celui de 20 MP (5184 x 3888 pixels) d’un capteur 4/3. Il délivre un fichier de 80 MP (10506 x 7864 pixels) dont le rééchantillonnage est optimum. Mais il ne convient qu’aux sujets statiques. Le personnage central n’est pas resté tout à fait statique pendant les prises de vues. L’eau du canal, mouvante, a pris un effet miroir. Olympus EM-1 MkII, 25 mm.

Le fichier de base est à 20 MP

La super-résolution de Lightroom génère des artefacts.

Grâce à la technique d’empilement des calques provenant de 20 vues du même sujet, les détails sont mieux restitués.

Parfois, on souhaiterait que notre appareil photo ait une plus grande définition. À défaut de changer de boîtier, la super-résolution disponible dans Lightroom augmente de façon performante la définition de l’image. Elle permet de créer des DNG dont la définition est quadruplée. Par exemple, un 20 MP se transforme en 80 MP. Les performances des algorithmes de rééchantillonnage n’offrent pas la résolution d’une prise de vue en “pixel-shift”, mais le résultat est plus efficace que les divers modes de rééchantillonnage proposés par Photoshop et rivalise sans problème avec Topaz Gigapixel AI. Néanmoins, le processus de rééchantillonnage génère des artefacts. La technique des piles d’images dans Photoshop, qui est un autre procédé de super-résolution, peut pallier ces défauts. Les résultats sont surprenants en termes de récupération de détails et de suppression du bruit. La seule réserve de cette technique est la suivante : elle ne fonctionne bien qu’avec des sujets statiques. Voici comment procéder.

  • Prenez une série d’une vingtaine de photos, à partir d’un même point de vue, en décalant le cadrage de quelques millimètres dans tous les sens pour chaque prise de vue. La mise au point reste fixe et l’exposition demeure la même pour toutes les vues. Chaque image doit être nette. Si des passants traversent la scène, assurez-vous que les parties cachées par un personnage soient visibles sur l’une des autres prises de vues.
  • Dans Lightroom, sélectionnez 20 images. Vous pouvez faire des tentatives avec moins, notamment si votre ordinateur est peu puissant, mais la finesse des détails sera réduite. Une dizaine d’images est un minimum. Faites un clic droit sur l’une des images et choisissez Accentuer… > Super-résolution. L’opération prend un certain temps selon la puissance de l’ordinateur (3 minutes et 40 secondes sur un MacBook Air M2).

1/ Raw en super-résolution

Sélectionnez les images à rééchantillonner. La super-résolution (Accentuer… > Super-résolution) va augmenter leur taille en puisant dans les ressources algorithmiques du “machine learning”. Le temps de traitement indiqué dans la fenêtre est donné à titre indicatif. L’opération va dépendre des performances de l’ordinateur. Les images seront enregistrées automatiquement en DNG.

Ensuite, les images DNG seront ouvertes en tant que calques dans Photoshop. Comme le fichier final sera lourd, pour soulager l’ordinateur, nous avons réglé les préférences de l’édition externe de Lightroom sur 8 bits au lieu de 16, et les paramètres suivants : Tiff, Adobe RGB, 300 ppp. Si votre ordinateur le supporte, vous pourrez travailler en 16 bits.

2/ Edition externe

Les paramètres d’édition externe sont modifiables dans le menu Lightroom Classic > Préférences (Mac) ou Edition > Préférences (PC). Bien que Lightroom recommande ProPhoto et 16 bits, le choix d’Adobe et 8 bits évitera de gérer un trop gros fichier dans Photoshop.

3/ Modification dans Photoshop

Un clic droit sur les images sélectionnées dans Lightroom va les ouvrir dans Photoshop avec l’option suivante : Modifier dans > Ouvrir en tant que calques dans Photoshop. L’empilement des calques peut durer plusieurs minutes en fonction des performances de l’ordinateur (2 minutes et 15 secondes sur un MacBook Air M2).

4/ Enregistrer le fichier

Par sécurité, le fichier est enregistré. Ce gros assemblage pesant 5 Go doit être sauvegardé en format de document volumineux PSB, car le Tiff est limité à 4 Go.

5/ Sélection de tous les calques

Tous les calques sont sélectionnés (Sélection>Tous les calques) afin de les aligner.

6/ Alignement des calques

Les calques sont alignés (Edition>Alignement automatique des calques) en mode automatique, sans correction de l’objectif. La tâche est plus ou moins rapide en fonction des ordinateurs (5 minutes pour un MacBook Air M2). On peut désactiver/activer chaque calque pour vérifier que l’alignement est correct. S’il y a un décalage notable, on peut supprimer un calque.

7/ Objet dynamique

Tous les calques sont de nouveau sélectionnés puis transformés en objet dynamique (Calque>Objets dynamiques>Convertir en objet dynamique). Cela prend quelques secondes.

8/ Empilement Médiane

Puis choisissez Calque>Objets dynamiques>Mode d’empilement>Médiane. Les sujets mouvants disparaissent, de même que le bruit. Les défauts et contenus indésirables de l’image sont éliminés. L’image gagne en précision, mais elle s’avère un peu molle.

9/ Accentuation

De l’accentuation redonne de la netteté à l’image (Filtre>Renforcement>Accentuation ou Netteté optimisée). Comme le fichier est un objet dynamique, il est possible de revenir sur le réglage d’accentuation effectué. Faites une copie, aplatissez et enregistrez en Tiff. L’image sera beaucoup moins lourde.

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Texte et photos : Philippe Bachelier, professeur de Techniques d’impression à Spéos

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